"Les soirées de l'orchestre" by Hector Berlioz is a collection of stories published in 1852. In this satirical work, Berlioz imagines orchestra musicians so bored playing mediocre operas that they tell each other tales during performances. When masterpieces by Mozart, Beethoven, or Weber are played, silence reigns—no stories emerge. Through humor and sharp wit, Berlioz critiques the musical world of his time while offering glimpses into nineteenth-century concert life, theatrical intrigue, and his own artistic passions. (This is an automatically generated summary.)
Así empieza
Il y a dans le nord de l'Europe un théâtre lyrique où il est d'usage que
les musiciens, dont plusieurs sont gens d'esprit, se livrent à la
lecture et même à des causeries plus ou moins littéraires et musicales
pendant l'exécution de tous les opéras médiocres. C'est dire assez
qu'ils lisent et causent beaucoup. Sur tous les pupitres, à côté du
cahier de musique, se trouve, en conséquence, un livre tel quel. De
sorte que le musicien qui paraît le plus absorbé dans la contemplation
de sa partie, le plus occupé à compter ses pauses, à suivre de l'oeil sa
réplique, est fort souvent acquis tout entier aux merveilleuses scènes
de Balzac, aux charmants tableaux de moeurs de Dickens, et même à l'étude
de quelque science. J'en sais un qui, pendant les quinze premières
représentations d'un opéra célèbre, a lu, relu, médité et compris les
trois volumes du Cosmos de Humboldt; un autre qui, durant le long
succès d'un sot ouvrage très-obscur aujourd'hui, est parvenu à apprendre
l'anglais, et un autre encore qui, doué d'une mémoire exceptionnelle, a
raconté à ses voisins plus de dix volumes de contes, nouvelles,
anecdotes et gaillardises.
Un seul des membres de cet orchestre ne se permet aucune distraction.
Tout à son affaire, actif, infatigable, les yeux fixés sur ses notes, le
bras toujours en mouvement, il se croirait déshonoré s'il venait à
omettre une croche ou à mériter un reproche sur sa qualité de son. A la
fin de chaque acte, rouge, suant, exténué, il respire à peine; et
pourtant il n'ose profiter des instants que lui laisse la suspension des
hostilités musicales pour aller boire un verre de bière au café voisin.
La crainte de manquer, en s'attardant, les premières mesures de l'acte
suivant, suffit pour le clouer à son poste. Touché de son zèle, le
directeur du théâtre auquel
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